Pikine-Guédiawaye : la santé mentale en milieu scolaire, « parlons-en »
A l’Inspection d’Académie de Pikine-Guédiawaye, quelque chose de rare s’est joué. Loin des cérémonies protocolaires et des discours convenus, ce sont trente-huit acteurs de la communauté éducative (enseignants, chefs d’établissement et responsables pédagogiques) qui se sont réunis autour d’un sujet longtemps resté dans l’angle mort du système éducatif : la santé mentale en milieu scolaire. Une initiative portée par Enda Jeunesse Action dans le cadre de son engagement pour le bien-être des enfants et des jeunes au Sénégal.
Au cours de cette session de formation organisée les 22 et 23 avril 2026, il a été unanimement reconnu que derrière les performances scolaires, les comportements parfois incompris ou les difficultés d’apprentissage, se cachent souvent des réalités émotionnelles complexes que l’école ne peut plus ignorer. Stress, harcèlement, vulnérabilités familiales, repli sur soi, perte de motivation… autant de signaux qui, lorsqu’ils ne sont pas identifiés à temps, peuvent fragiliser durablement le parcours d’un enfant. Cette réalité a constitué le point de départ d’un travail de fond visant à mieux outiller les professionnels de l’éducation.
Au fil des échanges, des études de cas et des exercices de réflexion, les participants ont exploré les fondamentaux de la santé mentale, appris à distinguer bien-être psychologique, détresse émotionnelle et troubles nécessitant une orientation spécialisée. Mais au-delà des concepts, c’est une véritable évolution des pratiques professionnelles qui s’est dessinée : apprendre à écouter autrement, observer avec plus de sensibilité, communiquer sans jugement, prévenir plutôt que réparer.
L’un des temps forts de cette rencontre a porté sur l’appropriation des
dispositifs institutionnels que sont les OVDS (Observatoires de la Vulnérabilité) et les CAVE (Cellules d’Alerte et de Veille), encore trop peu exploités sur le terrain. En renforçant la compréhension de leur fonctionnement, de leur cadre réglementaire et de leur rôle dans la détection précoce des situations à risque, cette formation ouvre la voie à une prise en charge plus structurée et plus efficace des élèves en difficulté.
Ce qui a marqué cette rencontre, c’est aussi la prise de conscience collective du rôle central de l’enseignant dans la prévention des vulnérabilités. Être pédagogue ne consiste plus uniquement à transmettre un savoir, mais aussi à créer un environnement sécurisant, bienveillant et favorable à l’épanouissement de chaque apprenant. Une posture nouvelle, plus humaine, plus inclusive, qui pourrait transformer durablement le climat scolaire dans les établissements concernés.
Les résultats observés à l’issue de cette formation sont encourageants : amélioration notable des connaissances, engagement fort des participants, meilleure compréhension des enjeux psychosociaux et volonté affirmée de mettre en pratique les outils acquis sur le terrain.
À travers cette initiative, Enda Jeunesse Action confirme une conviction forte : investir dans la santé mentale des enfants, c’est investir dans la réussite scolaire, la cohésion sociale et l’avenir des communautés. Cette formation n’a pas seulement renforcé des compétences, elle a aussi contribué à faire émerger une nouvelle manière de penser l’école : plus attentive, plus protectrice et profondément tournée vers le bien-être de chaque enfant.